Le pari de l’entreprenariat.
Entretien avec Marc Mazodier, enseignant-chercheur, chef du département marketing à l’ISG.
Jeune et sportif, il pourrait presque passer pour un étudiant…mais non, c’est le chef du département “marketing” de l’ISG, pôle d’enseignement et aussi de recherche capital pour l’ISG dans la formation de ses élites, et aussi essentiel pour nous à l’ISG Alumni, pour assurer le lien avec l’entrepreneuriat de demain. Passionné par son métier qui associe la recherche et l’enseignement à la conduite de projets au sein de l’ISG, Marc Mazodier connait bien les réalités de l’entreprise. Ouvert aux réalités du monde et des enjeux de la conjoncture, il étudie, avec l’ISG Alumni, la mise en place d’un cercle vertueux pour aider la création d’entreprise. C’est la nouvelle dynamique d’équipe qui s’instaure entre les « anciens » et les « nouveaux », dans un état d’esprit partagé « ISG » Alumni, avec la volonté commune d’agir et d’entreprendre. Notre volonté de proposer un « parrainage » de qualité aux étudiants le rejoint.
Rencontre tonique avec Marc Mazodier.
Quel est votre rôle au sein de l’ISG ?
M.M. : J’ai été recruté en septembre 2008 comme enseignant chercheur en marketing. J’ai soutenu ma thèse en mai 2008 à l’IAE d’Aix en Provence. J’interviens dans les cours d’études marketing en première année, les cours de publicité et communication en deuxième année, et ensuite les cours de management de marque et de marketing sportif en dernière année. J’ai aussi une mission de recherche qui se traduit par des publications d’articles dans des revues classées par le CNRS. Le sujet de ma thèse porte sur le pseudo parrainage, soit des entreprises qui font semblant de parrainer des événements pour essayer de bénéficier des mêmes retombées que les autres sans dépenser les droits. Je me suis interrogé sur le fait de savoir si le public faisait la différence entre les parrains et les pseudos parrains. J’étudie aussi tout ce qui est du domaine du « sponsoring » et de son impact sur la fidélité ; je travaille aussi sur un modèle expliquant l’attitude envers les produits Co-marqués, tout ce qui concerne les Co-branding, deux marques sur le même produit ; enfin, j’ai un dernier sujet qui est plus psychologique : je travaille sur la modification des attitudes implicites. C'est-à -dire non pas sur le déclaratif, mais sur ce que les gens pensent réellement, via des tests implicites.
Pouvez-vous nous parler de votre vision du parrainage ISG Alumni pour les étudiants?
M.M. : Depuis janvier 2009, je suis aussi responsable du département marketing au sein de l’ISG, c'est-à -dire de vérifier que l’offre marketing est cohérente.  L’ISG a vraiment décidé de se recentrer sur une de ses valeurs fortes qui est l’entrepreneuriat. En liaison avec Jean-François Gagne, Professeur en management stratégique, je suis chargé de développer un encadrement pour les étudiants qui corresponde autant à une valeur historique de l’ISG qu’à une attente des étudiants. Plusieurs étudiants au long de cette dernière année sont venus nous voir avec des projets de création d’entreprise en sollicitant notre aide dans leurs démarches, et en demandant si leur projet pouvait, par exemple, remplacer le stage de dernière année. Nous souhaitons prendre en compte cette demande et formaliser les choses. Tout d’abord par une amélioration pédagogique, avec un cours d’introduction à l’entrepreneuriat dès la première année, pour que les étudiants se rendent compte de ce que c’est que l’entrepreneuriat et envisagent ses avantages et ses inconvénients. En deuxième année, ils auront un cours de business plan, et en troisième année, nous allons créer une majeure entrepreneuriale avec des cours spécifiques sur la manière de lever des fonds, de contacter des business angels, comment gérer une toute petite entreprise, comment recruter son premier stagiaire, des cours de e-marketing, et bien sûr, des cours de droit et de fiscalité. Ensuite, nous nous sommes rendus compte que ce qui importait pour eux c’était de pouvoir être encadrés par quelqu’un qui avait une expérience forte dans la création d’entreprise.
Nous avons décidé de proposer aux étudiants un encadrement en dernière année, par un créateur d’entreprise, de leur projet entrepreneurial. Nous privilégions la qualité à la quantité. Il y aura un jury à la fin de la deuxième année où seront évalués la qualité du projet entrepreneurial, l’étude de marché précise, avec les attentes du consommateur, l’analyse de la concurrence, et vérifiées toutes les informations nécessaires à la prise des bonnes décisions. Le but étant de bien vérifier que l’étudiant est allé au bout d’une première réflexion approfondie sur la création d’entreprise. Si ce projet est validé, l’étudiant sera encadré tout au long de sa dernière année et tout au long de sa création d’entreprise par un homme d’expérience.
Cette formule pourra utilement remplacer le stage de dernière année, ce qui signifie que l’étudiant de dernière année pourra se consacrer totalement à sa création d’entreprise. Il devra déposer clairement les statuts de son entreprise, afin de valider son année très concrètement. Des rencontres avec des business angels seront organisées, ainsi que différents types de conférences pour leur permettre d’avoir accès à des informations variées et qualitatives sur la création d’entreprise.
Bien sûr, dans le cadre du développement de ce programme, il nous est apparu important et intéressant pour l’ISG de mettre en relation les anciens de l’ISG avec ces étudiants créateurs d’entreprise. Il est clair quand on feuillette l’annuaire des ISG Alumni, que beaucoup d’entre eux ont créé leur entreprise et ont bien réussi. Nous avons aussitôt pensé que si ces tuteurs qui encadrent les jeunes créateurs d’entreprise pouvaient être les anciens de l’ISG, ce serait bénéfique pour tout le monde.
Cela répond très directement à la volonté d’Adalbert de Bagneux, notre président, de signer une convention de parrainage avec l’ISG. Selon vous, cet accord avec notre association pourrait se faire sur la base de quels critères ?
M.M. : En effet, c’est dans ce cadre que nous sommes à la recherche d’anciens qui seraient disposés à accompagner ces créateurs d’entreprise. Concrètement, cela correspondrait à un ou plusieurs entretiens personnels par mois avec ces créateurs d’entreprise pendant lesquelles ils répondraient aux questions pratiques et plus stratégiques des étudiants. Il faut aussi prévoir un échange par email assez souple. Le but serait de disposer d’un portefeuille de tuteurs assez large, de telle façon qu’en fonction du projet entrepreneurial l’étudiant puisse trouver un tuteur spécialisé dans le domaine. Ce serait effectivement l’idéal. A côté de cela, nous recherchons aussi des anciens de l’ISG qui seraient intéressés pour donner des conférences sur leur expérience. Tout le monde n’aura pas le temps d’accompagner des étudiants, mais en revanche, si certains étaient intéressés à donner des conférences d’une heure sur un sujet précis, sur une création d’entreprise qui s’est bien déroulée, par exemple, nous aimerions bien organiser ce genre de rencontres au sein de l’ISG, afin de réunir les étudiants et les anciens.
Dans le contexte actuel, quelles vous semblent être les perspectives conjoncturelles et internationales de la création d’entreprise?
M.M. :Au niveau international, nous avons plusieurs atouts Ă mettre en avant :
Le premier, on le voit chaque année, c’est la réussite des projets export que font nos étudiants quand ils partent à l’étranger. Tous les étudiants qui partent étudier dans une université à l’étranger doivent aussi réaliser un « projet export », c'est-à -dire démarcher une entreprise française pour exporter un produit dans le pays où ils vont étudier. Cela les met en contact avec une entreprise, cela leur apprend à faire une étude de marché sur pays étranger, cela leur apprend à prospecter auprès des différents distributeurs-partenaires qui pourraient être intéressés dans les pays étrangers, et c’est ainsi qu’ils rencontrent des acheteurs importants. Ils reviennent vraiment enchantés, heureux d’avoir pu participer à des vraies réunions de travail. Ils ont une bonne idée de ce que c’est qu’un projet entrepreneurial. Nos étudiants sont vraiment très bien formés pour créer une boite spécifiquement dans l’import-export, du fait de ces séjours à l’étranger et des voyages qu’ils sont amenés à faire durant leur cursus.
En ce qui concerne la conjoncture, j’aurais tendance à dire qu’effectivement elle n’est pas bonne, mais d’un autre côté, si le projet est bon, il marchera quand même. C’est vrai que ce sera plus difficile, mais c’est justement la raison pour laquelle nous sommes dans une démarche de qualité. Nous sommes vraiment dans une démarche de réussite : la création d’entreprise c’est très intéressant, c’est aussi un moyen de générer de l’argent, il faut aussi le dire. Nous n’adaptons pas notre enseignement ou notre projet à la conjoncture actuelle. Nous mettons vraiment l’accent sur la qualité, sachant que ce sera peut-être plus difficile, mais payant.
Comment voyez-vous concrètement le projet de parrainage entre ISG Alumni et les étudiants se mettre en place?