Rencontre avec Arnaud Lavaud (ISG 96)
Depuis 2008, Arnaud anime une société de consulting à Lausanne, Sirius Développement, qui fournit des prestations de service et de conseil pour les promoteurs et investisseurs dans les portefeuilles d’actifs à sous jacent immobilier en Europe.
Diplômé de l’ISG en 1996, issu du cycle multinational, je me suis rapidement orienté vers le monde de l’investissement immobilier et plus particulièrement l’acquisition et la gestion d’actifs bancaires compromis avec le groupe Acofi : j’ai eu la chance d’assurer la gestion du premier Fonds Commun de Créances dédié aux créances compromises (“bad debt”) avec le rachat de la “bad bank” d’une grande banque antillaise. Depuis fin 2005 je travaille pour des fonds d’investissement depuis mes bureaux en Suisse spécialisés dans l’immobilier d’investissement et la promotion immobilière en France et en Suisse.
2. Comment êtes-vous venu à vous intéresser au projet Ariana ?
La vie est une affaire de rencontres, nous le savons tous : il en a été de même avec l’association Ariana. Un administrateur avec qui j’avais travaillé par le passé m’a demandé d’assister ponctuellement l’association sur le montage du business plan. Nous étions en décembre 2006... Bref, ce fut une intervention ponctuelle qui s’est transformée en un engagement associatif au coté des autres membres de l’association issus de tous les horizons de la société : une pianiste, un galeriste, une danseuse, des juristes, un chirurgien, etc. tous bénévoles et qui consacrent leur temps libre à la vie de l’association.
Le projet en lui même est passionnant : chaque jour nous devons relever des challenges : rechercher des mécènes, convaincre les municipalités de nous suivre...jusqu’à organiser une soirée à Paris, sous la voûte du Grand Palais avec 2500 invités, 28 journalistes en tout juste 6 mois !
3. Quelles valeurs, quel état d’esprit commun aux ISG mettez-vous en œuvre dans ce rôle au sein d’une association ?
Secrétaire général d’Ariana, je mets mes compétences au service de l’association avec la même rigueur que dans mes autres activités professionnelles, de la même manière que les ISG doivent savoir s’investir sur le plan académique comme sur la partie action. Je crois que la meilleure description de ces valeurs partagées avec l’ISG peut se résumer par le mot polyvalence. Depuis que j’ai commencé à travailler en tant qu’analyste jusqu’à mes fonctions de direction générale, il m’a toujours fallu faire preuve de polyvalence : au cours de la journée il faut être tout à la fois un financier, un homme de marketing, un communicant, un comptable, un juriste pour traiter les dossiers. Je crois que c’est aussi cela les valeurs de l’ISG : former des managers capables de s’adapter à toutes les situations sans complexe.
Pour finir de répondre à votre question, l’ISG nous a permis de découvrir d’autres cultures, d’autres modes de pensée d’une manière si proactive qu’aujourd’hui encore, 10 ans après, j’en parle comme si c’était hier : c’est aussi cet état d’esprit qui m’anime en découvrant et en faisant découvrir aux autres différents modes d’expression artistiques et la richesse de la fusion interdisciplinaire (pour ceux qui trouveraient ce mot étrange j’explique : lors de notre soirée inaugurale au Grand Palais, à Paris,  nous avions 2 grands pianistes jouant le sacre du printemps de Moussorgski pendant que 2 grands dessinateurs de BD, Colman et Borrini, dessinaient sur une grande fresque leurs impressions...un régal)
4. Quels défis affrontez-vous ? Et de quel combat êtes vous un artisan ?
Je souhaite tout d’abord revenir sur mon engagement dans l’association Ariana : il me semblait important après 10 ans de carrière professionnelle de pouvoir contribuer à un projet qui puisse apporter quelque chose à la jeune génération. Pour moi c’est révoltant de penser qu’un jeune puisse être victime de discrimination et se voir rejeter parce que sa culture à lui c’est le graff, le street arts, son mode d’expression la bombe aérosol...
L’initiative “Mix’Art, l’art liberté” de l’association Ariana veut faire découvrir au public que ces artistes des rues sont porteurs d’une extraordinaire vivacité culturelle.
Les défis que nous devons relever sont les mêmes ou presque que ceux que je rencontre dans ma vie professionnelle : faire malgré les jalousies de ceux qui veulent vous empêcher de faire, les contraintes de l’administration ;  lever des fonds auprès des mécènes ; convaincre les politiques et les financiers de la justesse de ce projet.
L’association Ariana, avec le parrainage de M. Boutros Boutros-Ghali, par son initiative en faveur de la promotion de la diversité culturelle, et avec Maurice Lévy et Jacques Mouclier comme Présidents d’honneur, est sur la bonne voie, mais il nous reste encore du travail pour convaincre les décideurs politiques à nous octroyer la convention d’occupation au Port des Champs Elysées.
5. Croyez-vous au rôle de la culture et de l’art dans une démarche de développement durable ? De sortie de crise ? D’avenir ?
Sans céder au catastrophisme, il est clair que la crise actuelle démontre que la mondialisation dans son état présent entraîne le monde à sa perte. Nous n’avons jamais été aussi interconnectés (Internet, téléphone, réseaux sociaux) mais finalement jamais n’avons nous été aussi seuls et soumis à une telle monoculture télévisuelle. Il nous faut respecter l’environnement certes, mais ce que nous apprenons aussi avec cette crise, c’est la nécessité de respecter l’autre, de porter un autre regard sur le monde et les vivants. Comme le dit très bien Stéphane Colman, le dessinateur du Marsupilami, dans l’album Mix’Art, l’art liberté : “Exclure c’est s’exclure”.
Ce n’est pas un hasard si de plus en plus de dirigeants comme Maurice Lévy s’intéressent de si près au Street Arts. Comme le note M. Louis Schweitzer, président de la HALDE dans la conclusion du livre, “Ces arts d’aujourd’hui ont intégré les notions de mondialisation, de diversité, d’altérité. Il n’est que temps de leur rendre hommage (...) autant de portes ouvertes vers un monde qui se dégagera du carcan des préjugés”.
Je termine en vous invitant à venir découvrir notre site Internet www.mix-art.fr